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UDPS, l’impérieux sursaut !
Par Corneille MULUMBA
Etienne Tshisekedi wa Mulumba, President National de l'udpsSilence complice, inaction coupable ou fuite des responsabilités; c’est en ces termes que certains Congolais et observateurs extérieurs ont qualifié l’attitude des pionniers et autres anciens cadres de l’UDPS face à la crise grave que traverse ce parti depuis quelques temps. En effet, née au début des années 80, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social a tenu en haleine toutes les catégories sociales du pays pendant une vingtaine d’années. Jeunes, vieux, hommes, femmes, religieux, journalistes, militaires, enseignants, commerçants, étudiants, syndicalistes, tous ont, de diverses manières, soutenu activement ce parti qui avait focalisé sur lui les espoirs et les aspirations de tout le peuple congolais. Cette adhésion massive et cette confiance, l’UDPS les devait à la justesse de son combat et l’adéquation de son discours politiques, l’engagement et la détermination de ses cadres, de ses leaders et de ses membres dans le pays et dans la diaspora. Dans les années « 80 », en effet, les membres de l’UDPS avaient un idéal et agissaient conformément à cet idéal. Ils donnaient tout, et se donnaient entièrement au parti. Beaucoup ont fait preuve d’une détermination et d’un courage extraordinaires. Même démunis de tout aujourd’hui, ce sont des véritables héros devant lesquels la démocratie retrouvée devrait faire sa révérence. C’est dire que tous ceux à qui il est donné de diriger l’UDPS aujourd’hui doivent être conscients du fait qu’ils ont en charge un capital bâti sur les privations des autres. Ils ont le devoir patriotique de le faire fructifier en conduisant impérativement l’UDPS au pouvoir afin que les sacrifices consentis ne l’aient pas été en vain. De la sorte, l’UDPS pourra jouer le rôle politique de premier plan qui lui est dévolu en République Démocratique du Congo et en Afrique pour l’amélioration des conditions de vie de nos peuples. Ils doivent également être conscients qu’au sein de l’UDPS existe cette charge émotionnelle particulière qui, bien gérée, peut générer une très grande capacité de mobilisation et une force capable de déplacer des montagnes.
Sans doute que, au travers de ces titres cinglants, ceux-ci versent en réalité des larmes, excédés et désabusés par la cacophonie au niveau des instances dirigeantes de ce parti et les conflits fratricides sous les yeux des militants ahuris, ou par la police, la Justice et les médias interposés. Ils ont sans doute aussi été déçus par la démobilisation des membres du fait du boycott des élections générales de 2006 et de la trop longue absence sur le terrain de la seule autorité structurelle du parti unanimement reconnue. L’incapacité, le manque de courage ou l’absence d’une réelle volonté politique pour désigner une autorité de consensus à même de conduire les affaires du parti dans l’entretemps, l’absence de tout discours cohérent et mobilisateur sur les enjeux nationaux et les questions et d’actualité, l’absence d’orientations politiques précises et le chevauchement des structures de l’organisation ont fini d’éteindre les espoirs. Ces éditorialistes ont vu aussi, pendant plusieurs années, l’UDPS se mettre à manger ses propres enfants, ses propres cadres, analystes, stratèges, et autres leaders au profit des flatteurs, applaudisseurs et autres béni-oui-oui, jusqu’à se rendre inopérante et totalement léthargique. Comment dès lors s’étonner de tels titres dans la presse ?
En effet, l’UDPS n’est pas un parti comme les autres; parce qu’il s’est bâti sur le partage de souvenirs communs faits de défis à la dictature de Mobutu et des violations des droits humains les plus élémentaires. Ce parti ne peut se comparer, dans une certaine mesure, qu’à d’autres mouvements politiques qui ont lutté pour une cause juste, tels l’ANC contre l’apartheid en Afrique du Sud, le MPLA pour l’indépendance de l’Angola, ou le Frolimo au Mozambique. Tous sont encore aux commandes de leurs pays respectifs jusqu’aujourd’hui. Dans le Zaïre de Mobutu, il s’agissait de combattre pour la conquête de la démocratie pluraliste, le respect des droits de l’homme, et l’amélioration des conditions de vie du peuple congolais. Et l’UDPS en a aussi payé le prix : arrestations arbitraires, tortures physiques et morales, assassinats, relégations, maquis, confiscations des biens, maisons incendiées, emplois perdus, faillites commerciales, ménages brisés, etc. C’est pourquoi, le présent texte constitue, en fait, une exhortation à regarder dans la même direction pour tous ceux qui sont convaincus que l’UDPS peut encore représenter une force politique à même de défendre les intérêts du Congo et du peuple congolais, de se battre pour enraciner la démocratie pluraliste, d’améliorer les conditions de vie des populations congolaises, de faire du Congo un Etat de droit, une puissance politique, militaire, économique, et culturelle, un partenaire respecté et craint. Dans cette perspective, les principales batailles de l’heure s’appellent encore : bonne gouvernance, lutte contre la corruption, respect de la Constitution et des institutions de la République, constitution d’une armée puissante et de développement, paix et intégrité du territoire nationale, reconstruction du pays et redressement économique, justice sociale et diplomatie à la hauteur des ambitions du pays. Gagner ces batailles ne relève point du miracle ; mais d’une action réfléchie, calculée, programmée, et concertée. Il s’agit de reconstituer une machine politique puissante à même de peser de manière déterminante sur la vie politique, économique, sociale, culturelle et diplomatique nationale. Un parti politique est puissant par le nombre de ses militants et sa capacité de mobilisation, certes ; mais aussi et surtout, en démocratie, par le nombre de ses élus : combien de députés nationaux, de sénateurs, de députés provinciaux, de gouverneurs de provinces, d’élus communaux et locaux, ainsi que sa capacité à produire des idées novatrices et des stratégies efficaces. Et, si ces élus sont politiquement bien formés et idéologiquement bien armés, c-à-d s’ils ne sont pas de simples jouisseurs, le Congo peut retrouver rapidement la place qui doit être la sienne en Afrique et dans le monde. Pour gagner le plus grand nombre d’élus aux échéances électorales, il faut être capable de convaincre la population congolaise, les potentiels stratèges et analystes à même de produire un travail intellectuel de qualité. Il faut pouvoir faire adhérer au parti des cadres qui soient susceptibles de défendre valablement la vision du parti dans divers secteurs de vie nationale, d’assumer avec compétence et engagement des hautes fonctions au sein de l’Etat Congolais, de mobiliser des moyens financiers conséquents pour le parti et son action. Faire adhérer au parti ce genre de personnages exige de rendre celui-ci attrayant et prometteur. En effet, un parti éclaté en mille morceaux, avec quatre ou cinq Secrétaires Généraux, un parti dont les acteurs sont incapables de transcender les amours propres, incapables d’organiser un congrès fédérateur et structurel, un parti dans lequel le débat interne n’a pas de place, un tel parti ne peut pas être crédible et attrayant. Bien plus, tous ceux qui cherchent à entretenir la misère du peuple congolais ne seront toujours prêts pour soutenir de diverses manières et simultanément, les multiples ailes en vue d’entretenir la confusion et les divisions, et ainsi affaiblir, sinon faire disparaître à jamais, le colosse. Le zèle et la délectation dont fait montre la police congolaise pour disperser brutalement toute réunion de l’une ou l’autre aile du parti n’a pas d’autre signification. Mais, pour tout observateur attentif, l’UDPS peut encore inverser le courant ; ce n’est qu’une question de volonté et de détermination politiques. Le parti a besoin d’une direction dynamique, visionnaire, solidaire, et faisant montre d’une détermination sans faille pour regagner la confiance. Il a besoin de mots d’ordre précis sur des matières qui concernent la vie de nos populations, une définition claire et précise des objectifs, le réarmement moral des militants, et une action énergique pour de nouvelles adhésions en vue de lui donner un nouveau souffle. Il appartient à l’UDPS de prouver qu’elle est capable de conquérir le pouvoir en RDC et de le conserver démocratiquement pendant longtemps en se montrant capable d’opérer des choix politiques et économiques qui satisfassent les intérêts du peuple et qui permettent aux partenaires du Congo de se retrouver.
En 1982, c’était une opposition entre le bien et le mal. Le choix était clair ; et c’est l’UDPS qui gagna le cœur du peuple congolais. Aujourd’hui, le multipartisme a dilué les responsabilités entre plusieurs partis politiques. Par conséquent, c’est ce que l’UDPS veut faire, et comment elle entend le faire, qui est important à définir clairement, à communiquer et à vulgariser ; à savoir, l’amélioration des conditions de vie du peuple congolais tel que cela est exprimé dans les objectifs du Millénaire, la restauration de la dignité et du respect de l’Etat congolais, c’est la construction des infrastructures sur toute l’étendue du territoire national, c’est la révolution des mentalités et la restitution de la fierté du Congolais. |
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Il est vrai que, âgé de 76 ans, ayant affronté la maladie, marqué par des années de tortures morales et de relégations, le Président National de l’UDPS, qui, au-delà de l’idolâtrie ambiante, n’est qu’un homme de chair et de sang, pourrait accuser le coup. C’est pourquoi il est indécent de chercher à le faire prendre position pour un camp contre un autre. Une prise de position sage de sa part ne pouvant aller que dans le sens de la recherche de la réconciliation. Le problème ne se serait pas posé s’il existait un Premier et un Deuxième vice-président. Mais tel n’est pas le cas. Il faut donc imaginer les voies et moyens d’en sortir en préservant l’essentiel. Toutefois, cette absence prolongée du pays aurait dû alerter tous ceux qui ne veulent pas voir l’UDPS disparaître de la scène politique congolaise. Le parti a aujourd’hui l’opportunité de faire preuve de sa maturité en prenant de sages décisions sur sa destinée. Il n’y pas lieu d’attendre du Président national en repos médical à l’étranger qu’il vienne réconcilier les antagonismes. Il faut faire une paix des braves, rechercher un compromis, se réconcilier et lui présenter les décisions adoptées par consensus pour entérinement. Il devrait, en rentrant au pays, être accueilli par un parti réconcilié et non atterrir dans une fournaise. La crise à l’UDPS nécessite un dépassement de soi de la part de tous les responsables, beaucoup d’intelligence et d’humilité. Sans être capable de cela, l’UDPS risque de connaître le triste sort des MNC, le PRP, MPR, et Abako notamment. Tout le monde sera perdant et les ailes des orfèvres de cette catastrophe fonderont comme neige au soleil. En effet, dans les conditions actuelles, personne ne semble avoir l’autorité et la légitimité sur l’ensemble du parti. C’est plutôt l’auto contestation qui est la règle. Les contestataires seront à leur tour contestés, et ce sera l’inéluctable atomisation.
Missions de l’Exécutif d’Union et de Réconciliation : - l’élaboration d’un programme d’action sur trois mois en vue de :
- l’amorce de la préparation des élections générales. L’objectif poursuivi étant le sauvetage du Parti et la mobilisation de toutes les énergies disponibles en vue de ramener l’UDPS au cœur de la vie politique congolaise, quiconque se revendiquant de l’UDPS se doit de mettre de l’eau dans son vin pour permettre la réconciliation. De même, quiconque entraverait cette démarche salvatrice serait considéré comme un éteignoir de l’espoir et devrait mériter une « fatwa » de toute la famille UDPS.
Au Congo, malheureusement, les partis existent et ne vivent que par et pour leur fondateur. C’est cela qui fait que ceux-ci disparaissent avec la disparition du fondateur-propriétaire. Bien que l’UDPS ait eu la chance de ne pas avoir un seul fondateur, l’évolution récente, faite de l’impossibilité momentanée pour le Président National d’assumer les charges du parti pour des raisons de santé, a démontré que l’UDPS allait déjà à-vau-l’eau par manque de structures fonctionnelles (un président, un premier vice-président, un deuxième vice-président, etc.). C’est donc depuis 1990, en fait, que le parti aurait dû tenir son Congrès. Et il n’était pas nécessaire pour cela d’attendre des millions de dollars virtuels. C’était seulement une question de volonté politique. Cette volonté politique a fait défaut. Les conséquences sont payées aujourd’hui. En 2009, il est inconcevable que le Collège des Fondateurs soit encore considéré comme une structure décisionnelle du parti. En 2009, il est inconcevable que le parti se désigne encore des fondateurs et cofondateurs. C’est pourquoi il difficile de condamner ceux qui ont bousculé les choses en organisant, malgré les difficultés prévisibles, le premier congrès à Kinshasa voici quelques mois. Il fallait sortir du cercle vicieux et de l’inaction. De même, il y a lieu de comprendre ceux qui, à juste titre, estiment que le Congrès de Righini n’était pas suffisamment représentatif. Un Congrès doit être rassembleur et non réunir une partie des militants, laissant les autres sur le tapis. Ainsi donc, toute attitude du Président National ou de tout autre haut cadre qui consisterait à prendre position pour un camp contre un autre ne pourrait qu’être destructrice. Il faut agir pour la réconciliation ; et au besoin l’imposer. En ce qui concerne le Congrès de février 2010, cela ne vaut pas la peine de tabler sur des hypothétiques millions de dollars ; car ils seront introuvables. Il faut s’organiser en conséquence, et avec le peu. D’autre part, c’est dès à présent que sa préparation matérielle et intellectuelle devrait commencer, si on veut lui donner une chance de succès et préparer à temps les échéances électorales. Comme à la guerre, on ne va pas aux élections en étant divisés, au risque de se faire laminer et disparaître à jamais de la scène politique. Patriotiquement vôtre. Corneille MULUMBA
Membre cofondateur de l’UDPS Ancien Représentant plénipotentiaire pour l’Europe mcmulumba@yahoo.fr Tél. 00-243-9 |
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