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Partis Politiques Discussion sur les partis politiques du pays

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Vieux 29/12/2009, 19h30   #1
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Par défaut Majorité - Opposition : la raison du plus fort est restée la meilleure

RETRO SPECTIVE 2010
Majorité - Opposition : la raison du plus fort est restée la meilleure
* L’opposition réduite à sa plus simple expression, des opposants jouent parfois le jeu d’une coalition au pouvoir sacrifiant de temps en temps l’intérêt général
Tout au long de l’an 2009, les rapports entre la coalition au pouvoir (AMP-Udemo-Palu) et l’Opposition politique (Mlc-Gpcd-Odr) sont demeurés les mêmes. Bien entendu, en faveur de la Majorité, démocratie oblige. C’était donc la raison du plus fort qui est toujours la meilleure. D’ailleurs, ce ne sont pas les démonstrations qui manquent pour illustrer cette situation. Si la Majorité réussit à peine à créer des fissures au sein de la minorité, cette dernière n’arrive pas tellement à ébranler le camp de la coalition kabiliste au point de rallier à sa cause des voix de plus pour faire basculer la dynamique au sein de l’Assemblée nationale.

Au nombre des événements qui ont marqué de leurs empreintes indélébiles l’an 2009 en RDC, il y a d’abord et surtout le remplacement du bureau de l’Assemblée nationale. Il s’agissait donc de passer au vote pour faire tomber le bureau dirigé par Vital Kamerhe au profit d’une nouvelle équipe avec, à sa tête, Evariste Boshab. Ce dossier aura monopolisé l’actualité durant le premier trimestre de l’année 2009 et même un peu plus. Car, il fallait d’abord obtenir, par courtoisie, la démission du bureau en place. Mais, se voulant un homme d’Etat, Vital Kamerhe a refusé, contrairement à ses collègues du bureau, de démissionner en pleines vacances pour ne le faire qu’au début de la session ordinaire de mars. Face au suspense entretenu, bon nombre des députés de la coalition au pouvoir n’y croyaient pas et avaient même, au rythme du fameux mot d’ordre, pris des précautions en prévision du vote. Mais, finalement, Kamerhe a rendu le tablier et il n a eu plus de peur que de mal. Le bureau Kamerhe tombé, il s’agissait d’en désigner un autre.

L’OPPOSITION REDUITE A SA PLUS SIMPLE EXPRESSION
Le bureau sortant étant composé des membres de la coalition AMP-UDEMO-PALU, la logique voulait qu’au nom de la majorité, la même coalition procède au remplacement du bureau de l’Assemblée nationale. Mais, contre toute attente, les opposants ont aussi mis la main à la pâte. Là où il aurait été sage d’y aller en bloc, à la place, l’opposition a étalé sa division au grand jour en alignant ses candidats en ordre dispersé et qui, visiblement, se livraient la guerre sur le dos de la majorité qui battait ainsi le rappel de ses troupes après une confusion qui s’était installée grâce à l’avènement d’un nouveau courant portant les stigmates de Vital Kamerhe. A l’issue du vote, les candidats de l’opposition ont fait piètre figure et les différentes tendances ont été réduites à leur plus simple expression. Car, la coalition AMP-UDEMO-PALU a fait du renouvellement du nouveau bureau de l’Assemblée nationale une question d’honneur. Dès lors, la majorité ayant imposé sa loi, les contradictions au sein de l’opposition passaient sur la place publique.
La plus grande leçon à tirer de cet épisode, c’est que l’enjeu de cette élection étant essentiellement au sein de la coalition, cela était loin d’être une affaire de l’opposition. A moins qu’il y ait eu, au préalable, des concertations indiquant que toutes les deux familles politiques entendaient partager le pouvoir. Dès lors, l’opposition qui tenait à mesurer sa force en a eu pour son compte en sortant plus divisée encore de cette épreuve. Même tableau pour d’autres exercices parlementaires à travers les différentes motions et des questions orales adressées aux Premier ministre et ministres.
Là où elle (opposition) pensait ainsi défenestrer quelques pions du Gouvernement, la majorité a fait bloc pour protéger ses poulains. Là aussi, l’opposition a été réduite à sa plus simple expression, hormis quelques indécis dénombrés au sein de la majorité. La situation se résumait en ces termes: quels que soient les griefs à charge de ses ministres, c’est la loi du plus fort qui s’appliquait. Comme pour dire que quand la majorité impose ou dicte sa loi, l’opposition (pour ne pas dire la minorité) n’a qu’à se taire. Cette dure réalité s’est vérifiée tout au long de l’an 2009 à l’Assemblée nationale.
QUAND DES OPPOSANTS JOUENT LE JEU DE L’AMP
Lors de la motion de défiance lancée par l’opposant Dominique Kanku contre le Premier ministre Adolphe Muzito, une attitude inattendue a été observée dans les rangs de l’opposition et, particulièrement, parmi les députés du groupe parlementaire dénommé «Ordre des démocrates républicains» (ODR). C’est là que l’on a surtout enregistré des députés qui ont voté contre la motion de leur collègue de l’opposition. Ce qui a même accentué la division au point que leur président Roger Lumbala était à quelques mètres de subir un tsunami initié par Lisanga Bonganga alias Saïo. En fait, à force de subir la loi de la majorité, certains opposants se rapprochent discrètement du plus fort qui manie et la carotte et le bâton. En fin de compte, l’opposition se morcelle là où, au début de la législature en cours, elle semblait pourtant parler le même langage. Plus on se rapproche de la fin du mandat, moins l’opposition étale des stratégies communes. La plus grande fissure se serait manifestée, à en croire les uns et les autres, lors des pourparlers pour la désignation du porte-parole de l’opposition. Car, là où certains pensaient être réalistes en prenant en compte l’indisponibilité du «Chairman» du MLC, Jean-Pierre Bemba Gombo encore en détention à La Haye, les députés de cette formation politique ont carrément bloqué la machine grâce à leur majorité au sein de l’opposition: Bemba ou rien. Voilà qui aurait accentué les frustrations dans les rangs des anciens partenaires de l’Union pour la Nation.
Face donc à cette attitude jugée hégémoniste du MLC, on dénombrerait depuis plusieurs «électrons libres» dans le camp de l’opposition au gré des intérêts et enjeux. On retrouverait, à partir de cet instant, des «bembistes» parmi les chrétiens démocrates et des démocrates républicains tout comme on assisterait à l’avènement «des électrons libres» dans le camp du MLC. Mais, en règle générale, la coalition au pouvoir bénéficierait de la sympathie des «électrons libres» de l’opposition alors que les «électrons libres» de la famille politique du chef de l’Etat sont loin de danser, du moins au grand jour, la musique composée par l’opposition. Ce qui tend à élargir le fossé entre les opposants et à assombrir les nuages en prévision des enjeux électoraux prévus en 2011. Car, depuis peu, on semble assister à un tableau où Joseph Kabila ferait déjà l’unanimité parmi les opposants qui ne paraissent cibler que le Premier ministre Adolphe Muzito qui passe, désormais, pour un fusible incarnant le pouvoir issu des élections de 2006. Faut-il déjà y lire que l’opposition parlementaire sera non partante pour la prochaine présidentielle tant que Jean-Pierre Bemba demeurera en séjour prolongé à la Cour pénale internationale? Tout porterait à croire qu’à cette échéance, d’autres fissures apparaîtront dans le camp de l’opposition congolaise.
DE QUOI RAPPELER, AUTREFOIS, LA COMPETITION FPC-USORAL
Le tableau qui s’observe au sein du Parlement congolais actuellement rappelle la compétition entre les Forces politiques du conclave (FPC) dites aussi la famille à laquelle appartenait le chef de l’Etat, et la famille politique à laquelle n’appartenait pas le chef de l’Etat, dite Union sacrée de l’opposition radicale et alliés (USORAL). Cela se passait sous le Haut Conseil de la République-Parlement de transition (HCR-PT) à l’époque de la transition mobutienne. Forte de sa majorité, la famille politique chère au maréchal Mobutu en faisait voir de toutes les couleurs aux opposants en recourant, à chaque enjeu, au mot d’ordre incarnant, en quelques sortes, la discipline au sein de la famille. Là aussi, l’opposition conduite par Frédéric Kibassa, fatiguée de suspendre de temps en temps sa participation aux travaux du HCR-PT, en était réduite à subir la loi du plus fort. A la seule différence que, se trouvant dans la formule «personne n’ayant gagné les élections, il faut partager», le consensus était parfois requis pour certaines matières et ce, sur fond de concertations préalables.
Mais, n’empêche que la raison du plus fort soit chaque fois la meilleure. C’est ainsi qu’à l’époque même du maréchal Mobutu, au nom de la démocratie naissante, la majorité savait imposer son jeu au grand dam de l’opposition.
Vu sous cet angle, hormis le système électoral qui octroie la légitimité aujourd’hui, la même scène s’observe dans la classe politique congolaise. Tout comme pour les FPC autrefois, la majorité (coalition AMP-UDEMO-PALU) ne tolère aucune atteinte au chef de l’Etat qui, du coup, se retrouve au dessus de la mêlée. La cible de l’opposition politique, aujourd’hui comme hier, c’est le Premier ministre. Si hier, au nom du consensus trouvé au sein de la classe politique, le poste de Premier ministre était exclusivement réservé à un candidat de l’opposition avec, par la suite, un partage voulu équitable et équilibré des postes ministériels entre les deux familles politiques, le Gouvernement (le poste de Premier ministre et les autres postes ministériels) est depuis 2006 l’apanage de la majorité ayant gagné les élections. On n’est donc plus à l’époque d’un Gouvernement voulu d’union nationale en l’absence des élections. Le danger, dans les deux tableaux ci-haut décrits, c’est la tendance à sacrifier l’intérêt national au profit de certains intérêts partisans.
L’AMP-UDEMO-PALU ACCUSEE DE SACRIFIER L’INTERET GENERAL
De l’avis des observateurs, la coalition AMP-UDEMO-PALU devrait privilégier l’intérêt général en lieu et place des intérêts jugés personnels ou partisans. L’on cite, pour ce faire, des cas enregistrés à l’Assemblée nationale où, au nom de l’intérêt général, certains ministres devraient rendre le tablier. Mais, contre toute attente, la Majorité a plus étalé sa solidarité envers des responsables issus de ses rangs. Tout était ainsi réduit à une perception politicienne de la gestion de la chose publique et ce, face à simplement un adversaire (l’opposition). Or, en réalité, les élus sont d’abord et surtout redevables envers leurs électeurs constituant l’intérêt général et qu’on appelle souvent la population. A l’approche des élections, il serait avantageux de poser des actes en faveur du peuple afin de soulager tant soit peu sa misère, elle qui considère que les députés s’enrichissent sur son dos en oubliant toutes les promesses faites lors de la campagne électorale et dont la plupart n’ont pas connu un début d’exécution. M. M. x129



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