L'accès au nouveau passeport biométrique relève d'un véritable parcours du combattant, tant au pays qu'à l'étranger.
Des congolais installés en France, ont manifesté ce week-end devant leur ambassade pour protester contre le désagrément qu'ils subissent, bien malgré eux, du fait du manque de passeport biométrique alors qu'ils ont, pour la plupart, rempli toutes les formalités requises. Désormais réduits à un statut d'irréguliers sur le sol étranger - les anciens passeports ayant expiré depuis le 31 décembre 2009 -, la plupart des congolais de l'étranger éprouvent du mal à renouveler leur carte de séjour. C'est aux fins d'en savoir un peu plus que les manifestants ont tenu à rencontrer leur ambassadeur et lui soumettre, le cas échéant, un mémorandum. Il nous revient que Myra Ndjoku (ambassadeur de la RD-Congo en France) qui s'est arrangé pour se soustraire de la vue des manifestants, n'a pas daigné les recevoir. Le mémo des manifestants n'a pas été déposé à l'ambassade, celle-ci ayant été évacuée « pour raisons sécuritaires », apprend-t-on.
L'affaire fait grand bruit à Paris où, indique-t-on, l'attitude du concerné est qualifiée dans certains milieux de « lâcheté ». S'estimant lésés dans leurs droits, la plupart des congolais de la diaspora trouvent inopportune l'imposition des passeports biométriques dès lors que plusieurs pays limitrophes de la RD-Congo sont encore au passeport ordinaire. A la base de la manifestation de ce week-end, l'attente de plus en plus longue observée par près de 4000 congolais ayant déboursé chacun - via l'ambassade de la RD-Congo à Paris - 250 euros pour l'obtention du passeport biométrique. En lieu et place de la livraison, 150 euros supplémentaires leur a été exigé pour un « tenant lieu » de passeport, juste le temps d'arriver à Kinshasa afin de régler la situation sur place, renseigne-t-on. Entretemps, le ministère des affaires étrangères qui, d'après les sources, n'aurait encaissé que 50 dollars Us sur chaque dossier, n'apporte aucune indication précise sur la destination prise par le surplus de 200 Usd perçu depuis Paris.
Ce qui ne fait que renforcer les convictions sur l'existence des pratiques maffieuses tendant à gangrener le circuit de livraison du passeport biométrique à l'étranger comme au pays. « La plupart des chancelleries congolaises, si pas toutes, font de la livraison du passeport biométrique un véritable fond de commerce. Alors qu'il est clairement stipulé que vous n'avez pas besoin intermédiaire pour avoir le passeport, la réalité sur le terrain est tout autre », se plaint un requérant. Le cas de Paris est cependant loin d'être isolé et s'insère dans un contexte général d'attentisme pouvant facilement céder au découragement. Les congolais vivant en Belgique ayant rempli toutes les formalités administratives requises et versé les montants exigés pour ce faire, attendent également d'être servis. A cause de ce fâcheux désagrément, les emplois des congolais de la Diaspora - désormais réduits dans leur marge de manœuvre - sont menacés en France et ailleurs. Le décès du jeune Branly Nsingi (21 ans), mort d'une crise cardiaque à l'aéroport Houphouët-Boigny d'Abidjan pour avoir connu un refus d'embarquement alors que son passeport ordinaire était en cours de validité jusqu'en 2011 devrait, pense-t-on, interpeller les autorités quant au bénéfice d'urgence à accorder à cette situation.
Alain Diasso
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